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Le couvent des Cordeliers
De Louis IX à la
Révolution on compte deux couvents dans la cité. Le premier et le plus ancien
fut celui des Cordeliers, frères mineurs conventuels de Saint François. Sa
fondation remonte au temps des croisades. Les religieux se trouvaient alors en
grand nombre. Parmi eux, on choisissait les missionnaires ainsi que les
aumôniers de la marine.
Les huguenots maîtres
de la ville, détruisirent le couvent en 1575. Les religieux dépouillés et
chassés de leur asile ne quittèrent cependant pas le pays et vécurent isolément.
Dans la suite, ils essayèrent plusieurs fois de reconstruire le monastère. Ils y
parvinrent grâce à l’appui de M. De Basville qui, par ordonnance du 28 avril
(1686), leur permit de se servir des matériaux provenant de la démolition du
temple protestant. Déjà en 1662, le marquis de Varennes avait consolidé leur
existence, mais sans leur attribuer aucun revenu. Le couvent subsista donc,
vivotant péniblement, pauvrement, pendant des années, avec quatre ou cinq
religieux. En 1773, il fut supprimé, les sujets manquants, en exécution de
l’édit de 1767 qui ordonnait d’éteindre la conventualité dans tous les couvents
possédant moins de quinze religieux ; la maison fut abandonnée. Elle avait duré
pendant 564 ans, qui ne furent ni sans honneur si sans gloire. L’église
transformée d’abord en arsenal existe encore de nos jours. Une statue de la
Vierge, objet de la vénération des fidèles, y était restée abandonnée pendant
onze ans. Elle fut portée avec respect dans l’église des capucins le 22 février
1783.
Le couvent des Capucins
Après la reddition de
la ville, en 1622, Louis XIII nomma comme gouverneur un homme profondément
religieux. Dans l’œuvre de régénération entreprise, il se hâta d’appeler comme
collaborateurs du clergé paroissial une colonie de capucins. Ils arrivèrent dans
la cité le 23 novembre 1622, avec le Père Barnabé de Sablet comme supérieur.
Après les avoir reçus dans sa demeure, le pieux gouverneur leur procura une
maison et un petit jardin avec le titre d’aumôniers de la garnison et
prédicateurs ordinaires de l’église collégiale. Ils se procurèrent ainsi de
petits revenus. M. de Varennes, en mourant leur légua mille livres de rentes.
Ces religieux ne furent jamais bien nombreux. En 1746 on ne comptait que quatre
prêtres, un clerc et deux frères servant. Néanmoins le couvent subsista
jusqu’aux troubles révolutionnaires.
Les capucins, par
leurs prédications firent un grand bien. Les catholiques se raffermirent dans la
foi et à la suite de plusieurs missions très fructueuses, de nombreux
protestants se convertirent. La peste de 1630, qui décima une partie de la
population, mit le comble à la réputation de sainteté de ces charitables
religieux. Ils déployèrent de jour et de nuit un tel zèle à soigner les
pestiférés qu’ils forcèrent l’admiration publique. Des protestants se
convertirent au spectacle d’un dévouement uniquement inspiré par un sentiment
d’abnégation et de charité. La population se montra reconnaissante. Le Conseil
communal, par une délibération motivée, décida que « lorsque ces religieux
seraient malades, l’hôpital leur fournirait gratuitement les médicaments dont
ils auraient besoin ».
Ils construisirent une
maison régulière et une chapelle dont la première pierre fut bénite
solennellement en 1647 par le Père Chérubin de Grillon, supérieur de la mission.
Les travaux se terminèrent en 1677. on se servit, pour cette construction, des
pierres d’un ancien môle connu sous le nom de Peyrade. Longtemps encore ces
religieux jouirent d’une très grande popularité. Le pays tout entier prenait
part à leurs solennités. C’est ainsi que la mission ordonnée par Mgr Séguier (17
octobre au 16 novembre 1647) se termina par une plantation de croix en présence
des officiers de la garnison, des troupes, des notabilités de la ville, du
chapitre et de la population. La ville prit part à la béatification des
bienheureux Joseph de Léonissa et de Séraphin Montégranério. La fête dura six
jours.
Les capucins
disparurent lors de la suppression générale des ordres religieux, le 04 mai
1790.
Les religieux étaient
alors au nombre de cinq dont quatre pères et un frère : Le père Cosme de
Jonquières, le père Philippe d’Aigues-Mortes, le père Alexis de Beaucaire, le
père Dorothée d’Uzès, le frère Félix de Lunel. Sommés par huissier de sortir de
leur monastère, ils le quittèrent après avoir protesté avec force. Le couvent
fut vendu à Verdaguez aîné le 19 novembre 1791 pour la somme de 3 900 frs.
L’église désaffectée devint d’abord un magasin militaire. Elle servit peu de
temps après de salle de café, convertie en halle publique elle sert aujourd’hui
de salle d’exposition.
Descriptif :
L’église
est non orientée. Vaisseau unique de plan rectangulaire. Façade antérieure à
pignon carré, ouverte d’une grande arcade ionique surmontée d’un oculus. Le
mur-pignon postérieur est percé de trois baies en plein-cintre, chanfreinées
(dont une arcade au centre) donnant dans un petit corps au rez-de-chaussée
(moderne). Au dessus de ce corps, sur le mur-pignon et sur le mur de la maison
voisine situé vis-à-vis, apparaissent les arrachements d’une voûte en berceau
dont l’axe aurait été perpendiculaire à celui de l’église. Cette voûte devit
faire parties des bâtiments conventuels, dont les dispositions en plan, semblent
avoir été à peu près respectée parles maisons actuelles de l’îlot.
Chapelle,
construction à vaisseau unique. Ses élévations antérieures étaient formées,
comme celles des chapelles des Pénitents, d’un mur-pignon avec portail médian
surmonté d’un oculus.
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